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mardi, 18 avril 2006

Une passionnée de littérature

J'ai découvert ce site: Passionnantes littératures! Coups de coeur littéraires de Frisette http://chezfrisette.blogspirit.com/

 

Elle donne son avis sur ses lectures de livres, voici ses catégories:

 

Je trouve que "le blog" est très bien indiqué pour ce genre de publication, tel laisser à d'autres ses impressions après une lecture d'oeuvres littéraires. Un beau partage!

 

Paul-André aime beaucoup la littérature, (remplacer , par .)il  (Il)écrit en ce moment deux romans qu'il prend goût à retravailler dans un souci de perfection pas ordinaire. En espérant les lire un de ces jours! [;-)] (enlever)

 

Ginette (fautes corrigées par Paul-André)

Commentaires

1 - LE POISON DE LA PASSION

Je hais et fuis toute passion. La passion est délétère, funeste, vénéneuse, elle rabaisse au lieu d'élever. La passion est pure animalité. Je n'aspire qu'à la sérénité des hauteurs désincarnées. De ma vie je n'ai jamais éprouvé aucune passion et souhaite à tout prix éviter cet écueil stérile qui empêche toute progression en général, et particulièrement en direction de mes chères étoiles.

Passion est perte de temps, d'énergie, du sens de la marche. Égarement terrestre, la passion est un chemin semé de bûches de Noël... Qui mène droit au gouffre !

La passion est la raison des fous. Sage, avisé, plein de bon sens, d'esprit, je chemine loin de ces sentiers que vous empruntez, vous les marcheurs aux semelles embrasées. Je me moque de vos "passions", des railleries qui s'y mêlent, de vos ailes qui bourdonnent comme des flammes, infernales. Ce qui me porte est bleu et non rouge.

Vous vous croyez pleins de braise sacrée parce que vous êtes habités par des passions, alors qu'en vérité vous êtes aussi vides que des coques de noix brisées. Le ver ronge le fruit du dedans et laisse l'écorce. Vous brûlez certes, comme brûle la coquille une fois la pulpe extirpée... La passion ridiculise.

Vous brûlez votre huile, tandis que je conserve mon essence.

Pendant que vous faites de longues glissades en formes de cercles sur vos espaces vicieux, poussés par vos artifices endiablés, portés par vos spores miasmatiques et hallucinogènes, enivrés par vos sports acrobatiques, aveuglés par vos feux multicolores, vous les passionnés, moi je monte.

Je monte, simplement escorté par ce vent raisonnable que vous haïssez tant et qui n'est autre que le souffle pur de l'esprit.

2 - LA PASSION : LE GRAND MALENTENDU

La "passion", quête contemporaine vaine, imbécile et aliénante est un filon récent inventé par les marchands de lessive. Ce terme est l'un des plus galvaudés de la langue française. D'autant plus vide de sens qu'il est prononcé dix fois par jour par les sots pour un oui ou pour un non. Passion de la moto, passion des timbres-postes, passion de l'amour... Tous les aspects de la vie quotidienne sont susceptibles d'être mis dans le cadre flatteur de la "passion", uniformisés par cette nouvelle norme de plus en plus stricte, impérieuse. Entrée en vigueur depuis quelques décennies, la passion est le refuge ultime de l'esprit vulgaire.

Victimes du discours dictatorial, les êtres les plus ordinaires, les plus médiocres, mais surtout certains beaux esprits incapables d'échapper à l'insidieuse oppression s'empressent de clamer à tous vents être nécessairement, totalement, impérativement "passionnés". Comme si ne pas l'être constituait la plus honteuse des tares...

Pas un pour railler cette mode risible de la "passion" et oser affirmer vouloir demeurer serein, loin des tourments frelatés de la "passion" telle qu'elle est définie, ressentie, espérée par l'ensemble des esprits contaminés.

La "vraie" passion d'ailleurs n'existe pas. Ou rarement.

Les professionnels de la publicité ont créé ce phénomène contemporain de la passion. Pour vendre des casseroles, des automobiles ou de la salade verte, ils ont fait pénétrer dans les esprits l'idée saugrenue mais efficace de la passion. La passion est associée à la femme d'une manière assez répandue, et à l'amour beaucoup plus généralement : les meilleurs arguments pour écouler la camelote des grands industriels inoculant leurs mensonges matérialistes à travers les différents organes de presse.

Tout comme le patriotisme a été sinon initié, du moins récupéré par les marchands de canon pour enrichir une poignée d'abjects empereurs de l'industrie lourde, la "passion" telle qu'elle est admise de nos jours est une forme dégénérée de sentiments élevés (et d'ailleurs assez obscurs à l'origine, étant donné la rareté et le caractère délétère, funeste de la passion véritable), qui fait des millions de victimes consentantes dans la société d'abrutis où nous vivons.

Textes de Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@wanadoo.fr
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FRANCE
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Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | mardi, 06 juin 2006

Un texte peu connu de Paul Eluard

L'ECLAT DES BLES

Je marchais en direction des blés, le regard instinctivement attiré par l'azur. Juin chauffait la campagne, l'espace était rayonnant. Une colline devant moi rejoignait le ciel. Je la fixai tout en ralentissant légèrement le pas. Soudain un vent emporta mon esprit en direction de hauteurs inconnues.

Je fis un voyage extraordinaire, debout, pétrifié, les pieds bien posés sur le sol.

La tête ailleurs, je partis je ne sais où. Tout y brillait d'un éclat mystérieux. Un autre soleil pareil au soleil éclairait ce monde. Et je vis la colline, la même colline qui me faisait face. Mais avec une perception différente. La colline était vivante, je sentais en elle une essence vitale, une respiration intérieure. Elle échangeait des pensées supérieures avec l'azur qui lui aussi semblait imprégné de vie. Très vite je m'aperçus que toutes choses communiquaient avec l'ensemble du monde en se faisant passer entre elles un souffle universel plein de sagesse.

Les blés à côté de la colline formaient un choeur de millions de voix suaves, chaque tige ayant son chant propre, accordé avec tous les autres. La terre sous ces blés psalmodiait je ne sais quel étrange cantique. Le ciel avait pris un autre sens. Le bleu le définissait et je ne le nommais plus ciel mais le nommais Bleu. Les oiseaux dans les airs prenaient un prix infini. Créatures éternelles, rien ne pouvait les corrompre et leur vol se prolongeait dans des immensités sans fin.

Tout cela était à la fois tangible et impalpable, présent et invisible, proche et insaisissable.

Je redescendis aussi vite en moi que j'en étais sorti. Je me retrouvai les pieds toujours bien ancrés sur le sol, me réadaptant à la lumière du soleil habituel, qui me parut terne.

Dubitatif, perplexe et à la fois parfaitement convaincu de la réalité suprême de cette curieuse, inexprimable expérience que je venais de vivre, j'avançai vers le champ de blés comme si je devais poursuivre ma flânerie.

Poussé par une puissante intuition, je tendis la main vers une gerbe de blés pour la saisir.

Un éclair illumina ma main et la rendit transparente un bref, très bref instant. Si bref que l'oeil de la mouche l'a déjà oublié et que le soleil en doute encore.

Paul Eluard

Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | mardi, 06 juin 2006

LA BEAUTE

Oublions l'écervelée, faisons abstraction de la potiche, ne pensons plus à la philistine, ignorons la rassembleuse de foules populaires.

Ne retenons que ce visage http://www.youtube.com/watch?v=PasexigzLLM&mode=related&search=

Cette face à la beauté virginale ne peut laisser indifférent l'esthète digne de ce nom. L'authentique amoureux de la Beauté ne peux qu'être touché devant cette éthéréenne conception. Tant de grâce sur si peu de chose force une saine admiration, inspire un silence béat, convie au dialogue avec l'invisible.

Statue vive, pietà à la voix brillante, séraphique vision, ce visage sans vice est le reflet de tout ce qui est Beau, bon, grand. Désarmant par sa pureté, touchant par sa vérité, je le contemple et je vois le monde, sens l'Amour, perçois le Cosmos, pressens l'infini.

La force de la Beauté, c'est qu'elle peut convertir les coeurs en une seule seconde. Sous son règne la bête se fait Homme, la pourriture devient Soleil, la crasse se change en or, le vice s'efface

Et les mots ne veulent plus rien dire. Seuls comptent ce visage, ce ciel ou cette étoile que l'on contemple. L'on s'extasie devant le mystère et on se tait.

Méditatif, je me perds avec délices dans ces traits qui me disent "Vertu, Beauté, Lumière"...

Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@wanadoo.fr

Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | lundi, 11 décembre 2006

En réponse au commentaire précédent et à:

Ne retenons que ce visage http://www.youtube.com/watch?v=PasexigzLLM&mode=related&search=

Touchante en effet cette artiste de grand talent. À l'aide de très peu de mots et d'une voix angélique, elle nous transporte dans un état d'âme que bien des acteurs célèbres n'ont encore jamais réussi à faire.

Une chance qu'il y a ces quelques moments sublimes sur la terre pour nous convaincre que l'âme humaine peut encore atteindre parfois des sommets.

Je viens de voir à la télévision, un spectacle de danseurs sur patin à glace, accompagnés sur place, d'un chanteur à la voix sublime, celle d'Andrea Bocelli. Je trouve merveilleux que l'on combine des talents ensemble. C'est encore plus beau, plus profond, une véritable symbiose de voix et de gestes parfaits, je pleure à chaque fois. C'est par contre, un peu douloureux. Je n'y peux rien, ça me fait cet effet lorsque je vois des acrobaties. Va donc savoir pourquoi!

En tout cas, c'est ma journée de cadeau. Merci à ces artistes et merci à Raphaël Zacharie de Izarra pour ce beau partage.

Ecrit par : Ginette | mardi, 12 décembre 2006

La puissance de la beauté

Le spectacle de la beauté me rend meilleur, plus sensible, plus grand, moins médiocre, quelle qu'elle soit, de la moins évidente à la plus éclatante.

Du simple caillou -humble et parfait avec ses formes sommaires- au visage de la femme née avec les grâces de sa nature, la beauté me subjugue.

Alors que la laideur seule m'inspire pitié, dégoût, voire haine, la beauté qui s'affiche aux côtés de la laideur me rend indulgent envers cette dernière : ainsi la femme aux traits méprisables ne sera plus raillée si une créature l'accompagne. Certes je n'aurai d'yeux que pour le cygne, mais dans son ombre l'oiseau déplumé bénéficiera de ma clémence. En effet, je ne crache point au visage des laiderons lorsque dans leur proximité la vision d'un astre retient mon regard : la beauté adoucit mes moeurs.

La beauté me fait croire à des sommets, elle agit comme un coupe-faim : sous son empire j'oublie les trivialités de ce monde. Je ne songe plus aux soucis du lendemain mais prends conscience de mes ailes.

La preuve que la beauté est supérieure à la laideur, c'est qu'une femme sans attrait sera toujours moins courtisée qu'une femme vénusiaque. Sur l'échiquier de la Vérité, les dindes seront toujours rattrapées par les gazelles.

Mes frères les esthètes, toujours chérissez la beauté. Vous les beaux esprits voués aux causes supérieures, sachez chaque jour rendre hommage à la beauté et n'omettez jamais de durement châtier la laideur lorsque celle-ci vous offense. Giflez les laiderons qui à votre vue exposent leur misère sans pudeur ni remords, mais soyez moins sévères envers elles lorsqu'une beauté les accompagne, de la même manière que l'on est plus complaisant face aux grognements de la truie qui allaite : le spectacle touchant des porcelets fait un peu oublier la grossièreté de la génitrice.

Bref sachez que c'est la beauté et la beauté seule qui sauvera le monde, et non l'infirmité, la bêtise, la bassesse et la hideur.

Raphaël Zacharie de Izarra

Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | dimanche, 06 mai 2007

UN PETIT

Monsieur Dupont est petit. Monsieur Dupont est médiocre. Monsieur Dupont porte en lui des rêves à la mesure de ses dimanches de minable : cannes à pêche et canettes de bières incarnent pour lui les sommets de la félicité dominicale.

Maurice Dupont côtoie des minus qui lui ressemblent, d'ailleurs il appelle affectueusement ses amis "Ducon", preuve de l'estime faussement ironique qu'il porte à ses pairs... Ce Dupont serait-il conscient de sa petitesse, du caractère lamentablement "dupontesque" de sa personne ? Notre héros a un petit zizi et, assez sot pour en rougir, assure à qui veut le croire qu'il possède un "zobinard" digne d'un éphèbe qu'il n'est pas. Ce séducteur de caissières de supermarchés aime en outre épater amis et inconnus avec ses histoires insignifiantes. Dans ses aventures peu épiques mais terriblement pathétiques il affronte avec vaillance des dangers imaginaires à travers des jeux télévisés parfaitement débiles. Ainsi il sue avec les candidats auxquels il s'identifie furieusement (des minus habens de son espèce) en essayant de répondre à des questions ineptes du genre "Combien faut-il de grammes de lessive pour laver cinq kilogrammes de linge blanc à la température de 60 degrés Celsius ?" L'enjeu est de taille, il y a un téléviseur à écran plasma à gagner. Dupont a une existence vraiment trépidante devant ses programmes de télévision...

Dupont collectionne les bouchons de bouteilles de champagne, persuadé d'être un sacré original. Il n'hésite pas dans ses accès d'orgueil à revendiquer haut et fort sa passion pour les cylindres de liège.

Monsieur Dupont est petit. Monsieur Dupont est médiocre. Monsieur Dupont porte en lui des aspirations à la mesure des trésors proposés dans ses programmes de télévision. Monsieur Dupont a un secret. Un rêve à sa portée, un grand, un douloureux, un beau rêve : passer à la télévision afin de participer à son jeu favori et devant les caméras gagner le fameux téléviseur à écran plasma. Avoir la France entière pour témoin de son effroyable petitesse, tel est son plus grand rêve de minable.

Monsieur Dupont est petit. Monsieur Dupont est médiocre. Monsieur Dupont est heureux.

Monsieur Dupont porte en lui la petitesse et marche d'ailleurs à petits pas, écrasé par le poids de son incommensurable médiocrité.

Raphaël Zacharie de Izarra
raphael.de-izarra@wanadoo.fr

Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | jeudi, 10 mai 2007

LA FEMME DU MORT

La veuve était magnifique.

Son regard posé sur le cercueil conférait à son visage un charme mélancolique qu'on ne lui connaissait guère. L'éplorée sur le défunt avait le chagrin sincère mais lucide : c'était la fin de son époux certes, mais non la fin du monde. Et puis, ne soupçonnait-elle point un royaume d'éternité pour le gisant, lui qui fut si droit en affaires, si loyal avec la religion ?

Le mari inhumé, son sort était entendu. Quant à elle, il lui fallait songer aux lendemains.

C'est là que j'intervins.

- Madame, vous étiez radieuse aux funérailles. Je vous offre et ma fortune et ma renommée. Je suis le conte de Hauteterre, connu pour mes qualités artistiques, esthétiques, verveuses et, accessoirement, en tant que plume de choix. Votre main Madame, et ma gloire sera aussi la vôtre. Et si par malheur vous trépassez avant moi, je vous composerai une ode et la ferai chanter par un barde car je chante faux. Mais si vous me survivez, vous vous consolerez de votre solitude par une existence remplie de mon souvenir éclatant.

Je reçus sa main.

Les médisants penseront qu'elle la destina à ma joue...

Erreur ! La belle -qui avait un reste de beau sang- fut sensible à mes arguments hautains, sa fibre aristocratique réveillée par le son aigu de ma lyre...

A ce jour elle vit toujours, et moi aussi grâce à Dieu.

Notre bonheur ostentatoire en ennuie plus d'un dans notre cercle d'amis, et nous comptons fleurir durant de nombreuses années encore la sépulture de celui qui me précéda dans l'hymen de ma légitime épouse.

Raphaël Zacharie de Izarra

Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | dimanche, 17 juin 2007

LA PUISSANCE DE LA BEAUTE

Le spectacle de la beauté me rend meilleur, plus sensible, plus grand, moins médiocre, quelle qu’elle soit, de la moins évidente à la plus éclatante.

Du simple caillou -humble et parfait avec ses formes sommaires- au visage de la femme née avec les grâces de sa nature, la beauté me subjugue.

Alors que la laideur seule m’inspire pitié, dégoût, voire haine, la beauté qui s’affiche aux côtés de la laideur me rend indulgent envers cette dernière : ainsi la femme aux traits méprisables ne sera plus raillée si une créature l’accompagne. Certes je n’aurai d’yeux que pour le cygne, mais dans son ombre l’oiseau déplumé bénéficiera de ma clémence. En effet, je ne crache point au visage des laiderons lorsque dans leur proximité la vision d’un astre retient mon regard : la beauté adoucit mes moeurs.

La beauté me fait croire à des sommets, elle agit comme un coupe-faim : sous son empire j’oublie les trivialités de ce monde. Je ne songe plus aux soucis du lendemain mais prends conscience de mes ailes.

La preuve que la beauté est supérieure à la laideur, c’est qu’une femme sans attrait sera toujours moins courtisée qu’une femme vénusiaque. Sur l’échiquier de la Vérité, les dindes seront toujours rattrapées par les gazelles.

Mes frères les esthètes, toujours chérissez la beauté. Vous les beaux esprits voués aux causes supérieures, sachez chaque jour rendre hommage à la beauté et n’omettez jamais de durement châtier la laideur lorsque celle-ci vous offense. Giflez les laiderons qui à votre vue exposent leur misère sans pudeur ni remords, mais soyez moins sévères envers elles lorsqu’une beauté les accompagne, de la même manière que l’on est plus complaisant face aux grognements de la truie qui allaite : le spectacle touchant des porcelets fait un peu oublier la grossièreté de la génitrice.

Bref sachez que c’est la beauté et la beauté seule qui sauvera le monde, et non l’infirmité, la bêtise, la bassesse et la hideur.

Raphaël Zacharie de Izarra

Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | vendredi, 11 janvier 2008

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